Vous avez remarqué des différences ?


(Regarder le doigt ou la lune ?)

27 AOÛT 2026


Vous avez remarqué des différences ?


Une réflexion, pas nouvelle, suite au Grand stage d’été 2026
 
S’il y a dans notre école une Voie, un maître, une transmission, un enseignement, une Do Shu ; il y a aussi des formateurs, des enseignants, des élèves… (ainsi que des techniques, des mouvements, des pratiques, des années qui passent, etc.) 
 
À l’époque où je m’interrogeais sur le regard et que j’observais celui de l’appareil photographique, j’avais remarqué que l’objectif(!) était rond, tout en accord avec la rondeur du monde, mais que la caméra, elle, aplatissait et coupait dans cette réalité arrondie pour mettre des angles qui convenaient certainement mieux à son regard. Sur la pellicule comme sur la photo, le rectangle délimitait sa vision, notre vision. Il y avait de toute évidence, dans ce regard-là, interprétation.
 
Aujourd’hui, dans ce passage de « un » à « des », je constate un peu la même problématique. La question étant comment être un (et le rester) ?
 
Il me semble que la réponse est tout à la fois simple et complexe. Simple, parce que nous sommes vivants, mais complexe, parce que nous sommes éduqués. Une société nous a formés, qui nie le vivant en pensant le chercher. Nous avons besoin d’angles pour nous accrocher, nous devons penser, écraser, trancher… avons-nous peur de ce qui est rond ?

 
La richesse de l’Art du Chi
Notre école offre, entre autres, des outils rares pour nous rapprocher du phénomène même de la Vie. Ces outils sont bien plus que des techniques, ils permettent une transformation progressive et très profonde de l’individu.
 
J’ai dit « entre autres », car l’École offre aussi bien d’autres outils, disons plus accessibles, peut-être aussi moins exigeants. Plus de calme par exemple, une autre et meilleure attention au corps, une meilleure santé et parfois, une force étonnante.
 
Tous ces outils comprennent des techniques précises qu’il s’agit d’apprendre à exécuter physiquement. Et comme pour toute discipline, cela demande de la pratique, du temps, un engagement… et plus si affinités.
 
Un art, celui de la Vie
À travers tous ces outils, l’École enseigne une façon de rejoindre un grand art, celui de la Vie. Et cette façon est elle-même un art, c'est l’Art du Chi. 
 
Tout vivant est l’œuvre du grand art qui le construit, le transforme, vit en lui. Mais pour nous humains, cet art se trouve bien enfoui sous les strates d’une éducation qui, depuis longtemps, ne fait que s’éloigner de la Vie. Dominer, transformer, mettre des angles pour mieux séparer… Il nous faut gratter, enlever des couches et des couches d’éducation, de raisonnements, de certitudes. 
 
Tout art s’appuie sur la pratique acharnée de techniques… qui ne suffisent pas. Il faut bien plus, il faut autre chose.
 
Il faut être bien guidé. Un exemple, un rayonnement de beauté, de bonté… Et dans l’Art du Chi, la possibilité d’une transmission véritable, liée au grand art de la Vie.
 
Vu de l’enseignant
Pour enseigner le chemin vers l’art du vivant, il faut en avoir parcouru un bout un nombre innombrable de fois. Ne pas être pressé, avoir des repères, reconnaître l’itinéraire et être souvent tombé dans des ornières. Entre autres, celles de la découpe et des angles d’analyse du mental. Et surtout, avoir été bien guidé soi-même. Car…
 
… Il n’y a qu’un chemin, mais bien des façons de le parcourir.
 
Et voilà les enseignants de l’École, qui tous et toutes sont en chemin vers cet art de la Vie. Ils montrent. Dans leurs cours, ils vous montrent aussi où ils en sont sur ce chemin.
 
Vu des élèves (mais aussi des enseignants et des formateurs, car nous restons élèves toute notre vie)
Pour suivre les cours des enseignants, il faut une bonne dose de confiance. Pas de crédulité. Mais du naturel, de la simplicité, de l’ouverture et beaucoup d’enfance… Car les défis sont grands.
 
Rappelons pour commencer, que les enseignants et enseignantes de l’école ont suivi différentes étapes s’étendant facilement sur une dizaine d’années et qu’ils restent en formation continue tant qu’ils enseignent. 
 
Ceci dit, chaque enseignant a un corps et une expérience de vie différents. Ses mouvements et sa parole sont particuliers et, bien évidemment, chaque enseignant ne connaît que la portion du chemin qu’il a parcouru.
 
Alors, des différences, des interprétations diverses et, c’est bien naturel aussi, des contradictions. N’oublions pas que nous sommes formés par la logique de notre époque et qu’aidés par l’Art du Chi, nous essayons d’en découvrir une tout autre, celle de la Vie, une logique qui nous dépasse.
 
S’il semble y avoir quelques différences entre enseignants, surtout ne pas invoquer l’érudition. Attention aux égos frustrés : pas d’argumentation, si prisée en société. Et ne confondons pas logique, raisonnement et liberté. 
 
Alors quoi ? Bien observer, bien sentir (pas ressentir) le Chi, le Tantien. Le maître se trouve là, la transmission aussi. C’est là que se trouve l’unité de l’enseignement, de l’école. Là se trouve l’Art du Chi dans toute sa complexité, son épaisseur et la richesse de ses variations.
 
Ce que montrent vraiment les formateurs et les enseignants se cache derrière les techniques. C’est quelque chose qu’il faut apprendre à observer. Chacun doit chercher seul. Et, ironie, c’est en suivant l’Art du Chi pendant longtemps que l’on acquiert la capacité de voir ce qu’on ne voyait pas avant. Cette « autre chose » mentionnée plus haut et qui est le véritable guide menant à l’Art du Chi, l’art de la Vie.
 
 

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Je termine par une formule bien connue concernant la progression sur le chemin et qui me semble très bien convenir aussi pour illustrer les différences ou variances entre enseignants (je cite de mémoire) :
Au début, les montagnes sont des montagnes et les rivières, des rivières. Ensuite, les montagnes ne sont plus des montagnes et les rivières ne sont plus des rivières. Enfin, les montagnes redeviennent des montagnes et les rivières, des rivières.





 



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L’Art du Chi est un art millénaire. Il est diffusé dans plus de 15 pays par les enseignants de l’École de la Voie intérieure, fondée en 1988 par Vlady Stévanovitch, reconnu l’un des maîtres les plus subtils de l’époque moderne en Occident.

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