La respiration dans la pratique du Tai Ji Quan


01 MAI 2022


La respiration dans la pratique du Tai Ji Quan


Assis à l’ordinateur, comme assis devant la TV ou au cinéma, assis dans l’auto ou debout dans le bus, notre respiration fait ce qu’elle peut. C’est-à-dire qu’elle en fait juste assez pour nous maintenir en vie. Ajoutez à cela la mauvaise qualité de l’air dans la maison comme dehors… Pas besoin d’un dessin pour comprendre ce bla-bla bien connu.
L’oxygénation du sang, le cœur, les artères et les veines… Ici aussi, pas besoin de dessins. 
 
Alors quoi ? Puisque notre respiration s’ajuste spontanément à nos actions physiques, ne suffit-il pas de faire de la gymnastique pour mieux respirer ? Effectivement, il y a (un peu) de ça dans notre Tai Ji Quan. Mais il y a aussi tellement plus !

 
 


Une progression de l’attention
 
La synchronisation
Puisque nous cherchons à synchroniser notre respiration avec les postures durant notre pratique de Tai Ji Quan, nous respirons donc très lentement. Ainsi, contrairement à ce qui se passe durant nos autres occupations, nous distinguons non seulement 3 temps au cours de notre respiration (petite et grande inspiration, expiration), mais aussi 2 temps d’apnée (entre le petit et le grand inspir ainsi qu’entre le grand inspir et l’expir). Ce qui fait 5 temps respiratoires pour chaque posture. Et ce, durant 20, 45 ou 120 minutes selon la forme que nous pratiquons. Cette lenteur de la respiration et l’attention que nous portons à la synchroniser avec les mouvements de tout le corps a de nombreux effets dans tout notre être.
 
Plusieurs coordinations

  • Chacun des temps respiratoires doit se coordonner avec notre attention qui se déplace à la surface de la peau, tout le long du Petit circuit.
    • Petit inspir, dans le ventre-bas
    • Apnée, dans le plancher pelvien
    • Grand inspir, dans le dos
    • Apnée, au sommet du crâne
    • Expir, dans le devant du tronc


 
  • Le déplacement de notre attention se fait, alors que notre respiration maintient un léger appui sur le Tantien (ceci n’étant pas une vue de l’esprit, mais découlant de techniques précises exigeant l’intervention de certains muscles). De plus, le moindre effort musculaire (dans la ventilation des poumons, mais aussi ceux de l’ensemble des muscles de notre corps en mouvement) est lui aussi en relation d’appui sur le Tantien (nous l’appelons l’Effort centré). C’est tout cet ensemble qui transforme notre attention et la qualité de notre respiration. 
    • Notre attention n’est plus une action seulement mentale, abstraite, sans poids et séparée de notre corps. Notre attention devient aussi une action belle et bien physique. Ainsi, le déplacement de notre attention crée des réactions musculaires tout au long du Petit circuit. Ce qui permettra aussi à notre attention d’acquérir une précision de plus en plus fine au cours des pratiques.
    • Une autre conséquence de ce léger appui de la respiration et de nos mouvements sur le Tantien est une production de Chi. Notre attention en sera de plus en plus porteuse et chargera, énergisera tout le Petit circuit.
    • C’est le corps et tout l’être qui bénéficient de cette charge de Chi et c’est lui (le corps, l’être, le Chi) qui décidera comment employer ce supplément de vie.
 
La détente, ou l’évidence de nos « racines »
  
Enfin, et pour moi, c’est peut-être le plus important, la respiration est directement liée à la détente. Non pas celle qui endort, mais celle qui réveille, car elle nous relie à l’essentiel, à notre base, à notre socle de vie. C’est ce que l’on désigne souvent comme étant nos véritables racines. 
 
La respiration reliée au Tantien, dépasse la « simple » ventilation des poumons. Je mets simple entre guillemets, car cette ventilation est déjà un véritable exploit, étant donné notre mode de vie. Cette respiration liée au Tantien, dite respiration énergétique, se synchronise avec les mouvements de tout le corps et crée une grande unité en nous. 
 
Si la ventilation de nos poumons devient beaucoup plus ample, plus posée, plus calme, c’est d’abord parce que notre expiration se fait plus complète en détendant mieux les muscles respiratoires ayant produit l’inspiration. Ces muscles-là sont les premiers à encaisser nos stress physiques, psychologiques et émotionnels. En les détendant mieux, donc en expirant mieux, l’inspiration trouve une amplitude, une facilité et un calme étonnants. C’est ce « calme Tantiennien » qui permet au Chi de monter souplement dans le dos et non de s’accrocher dans les nœuds de la poitrine, du plexus et de la gorge, entre autres. Les muscles de ces zones ont besoin de plus de temps pour se détendre, tellement ils sont sous l’emprise des émotions, du mental et de la parole. 
 


L’appui de l’inspir sur le Tantien provoque aussi dans le tronc une poussée vers le bas qui facilite la détente du haut du corps et aide ainsi la montée du Chi tout en empêchant le stress de se réfugier dans le plexus, les épaules, la gorge, la tête. Plus longue est l’inspiration sur le Tantien, plus nous aurons l’impression que notre corps se prolonge dans le sol. Cette sensation d’enracinement culmine au sommet de l’inspiration, alors que s’établit un lien direct entre le sommet du crâne, le Tantien et le point Tong. C’est un moment magique, fait d’équilibre, de stabilité et qui nous relie physiquement et spirituellement, à la fois à la Terre et au ciel. On se rend compte que nos racines ne sont donc pas dirigées seulement vers le bas, mais vont aussi vers le haut. Comme le dit la tradition chinoise : l’homme est le lien entre la Terre et le ciel. C’est en même temps, une autre de ces occasions qui nous font réaliser les limites des images que nous utilisons. Ces racines évidemment, n’en sont pas ! Ce n’est qu’une impression, mais c’est un rappel – s’il le fallait – que nous ignorons ce qu’est la réalité.
 
Ce qui est sûr, c’est que cela nous apporte non seulement un grand bien-être, un véritable confort, mais aussi une quiétude, un moment de sérénité et de paix. Cette respiration énergétique fait apparaître une joie profonde, la joie de vivre. 
 
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Aujourd’hui, avec les moyens de communication, on parle beaucoup de respiration consciente, de cohérence cardiaque, de respiration abdominale et de pleine conscience. Notre pratique de la respiration dans le Tai Ji Quan de l’Art du Chi englobe en fait toutes ces techniques. Ce qui bien sûr, ne veut pas dire que l’Art du Chi est supérieur aux autres techniques, mais simplement que les Voies sont nombreuses. C’est le guide qui est rare. 
 





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L’Art du Chi est un art millénaire. Il est diffusé dans plus de 15 pays par les enseignants de l’École de la Voie intérieure, fondée en 1988 par Vlady Stévanovitch, reconnu l’un des maîtres les plus subtils de l’époque moderne en Occident.

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