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Courte transcription
31 MAR 2026
Transcription : 10 minutes du début de la première séance de la série « La main », des Vendredis de Pierre
« Donc, comme à l’habitude, on se prépare… Et c’est le Tantien.
Pour nous, le Tantien, ça veut tout dire. Ça veut dire que c’est tout. Voilà. C’est tout le corps. C’est toute la posture. C’est tout ce que je pense. C’est tout ce que je ne pense pas. C’est tout ce que je sens ou que je ne sens pas. C’est l’espace autour de moi. Tout ce qui est à ma mesure, à la mesure humaine, de proportion humaine. Je ne suis pas une montagne. Je ne suis pas un immense nuage… à ma mesure donc.
Ainsi, comme souvent, c’est l’expiration qui parcourt le corps de haut en bas et qui, dans notre perception, ramollit les muscles d’abord, les étirent, les détendent. Certains plus que d’autres. Dès la première expiration de ce type, nous sentons le Tantien comme étant notre base, comme étant notre socle, comme étant ce sur quoi nous sommes.
Nous ne sommes pas assis sur un petit coussin, sur un tabouret, sur tout ce que vous voulez, nous sommes assis sur le Tantien. Pour nous, ce n’est pas une façon de dire, ce n’est pas une façon de parler, c’est une façon de sentir. Nous sentons tout notre corps installé sur le Tantien, en équilibre. Il y a pour ça le mât. Le mât est bien présent. Et le mât s’enfonce dans le Tantien. Mon corps entoure le mât, accroché plus ou moins à lui. Ça dépend de ce que les muscles font, de tout ce que j’ai appris, de tout ce que je connais de moi, de mon corps, bien physique, tout ça est en train de fondre.
Et chaque expir aide. Parce que chaque expir est en appui sur le Tantien. Chaque inspir l’est aussi. Ainsi, quand je soupire et que la matière habituelle du corps, ou plus ou moins habituelle, parce que quand même, dans la vie de tous les jours, ce sont d’abord des articulations, des muscles, et ici, c’est déjà très différent. Et donc, le Tantien est présent dans ce qui fond. Et le Tantien est aussi présent dans ce qu’ils font. « Ils », étant les muscles, les articulations, les os, les organes, le sang, la lymphe, tout ce que vous voulez. Tout ça devient… compagnon, compagnon du Tantien.
Encore une fois, ce ne sont pas des formules toutes faites, ce ne sont pas des mots, je ne suis pas en train de vous parler, vous n’êtes pas en train de m’écouter, vous êtes en train de sentir, de sentir ce que je dis, de sentir ce que vous pensez, de sentir ce que vous voulez. Et, sentons comme c’est agréable… Avec les mots, dirions-nous d’avoir un centre ? Je ne dirais pas ça. Je dirais d’avoir ce socle. Tout mon corps, tout mon être repose sur le socle du Tantien. C’est ce socle qui donne sa raison d’être au reste.
Cherchons à sentir, donc à avoir des perceptions bien physiques, bien corporelles. Mais ce n’est pas le corps habituel, c’est tout. Nous sentons bien qu’il s’agit de nous-mêmes, de notre corps. Et il se passe chez chacun de nous, mille et une choses. Dépendant de ce que vous venez de faire, dans l’heure qui précède, dans la journée, la semaine qui précède, dépendamment de ce que vous allez faire tantôt, le corps se retrouve…
Le corps ? Oui, dans la mesure où c’est moi, donc « je », je me retrouve dans la perception de ce qui reste. Et il y a plein de choses qui peuvent rester. À commencer, bien sûr, par le socle, c’est évident. Et de là, le mât. Et il y a, entre le mât et les perceptions du corps, toute une série de dialogues qui se sont engagés. Et le mât, et le socle… et le Tantien qui perçoit tout, qui sent tout…

Je suis le tronc, mes plumes sont l’écorce, je suis ce qui m’entoure, je suis oiseau et arbre, nous avons le même tronc…
Il y aurait encore, je pense que ce serait tout à fait normal, le fait de ne pas être totalement unifié. Mais chacun de nous, nous pouvons sentir que nous sommes dans cette orientation-là. C’est évident, entre le Tantien, le Mât, les perceptions persistantes du corps…
Et donc, nous pouvons tourner autour du mât et rencontrer ce qui reste. Pas seulement ce qui reste, mais aussi ce qui a disparu. Il faut croire que cela n’a pas disparu complètement, qu’il reste une trace, un souvenir. Et nous sentons quasi physiquement les souvenirs de ce qui s’est évaporé. »
